abordages

(sin título)

Cómo te deseé Madrid, en aquellos años con la amiga de cabello rubio natural Entre mates, códigos muertos y Cerealitas Y ahora tarde, te respiré de dentro te veo diferente, pero bien, de todos modos.

 
 

Dépression

Et si pour soigner les dépressions il fallait se mettre en surpression ? Et donc se tenir debout face au vent quand souffle la tempête. Et les cap-hornières et les cap-horniers pourront cracher au vent.

 
 

Machine et cintres

Il y a quelques jours je me suis assis sur un banc public. Je n’avais rien à y faire de particulier, je m’y suis posé parce qu’il était là, parce que c’était moi. Ce même jour et quelques minutes après cet assayage, une femme s’est installée à mes côtés. Nous ne nous prêtions aucune attention, et nous sommes demeurés là longtemps en croyant nous ignorer. Mais j’ai remarqué qu’une certaine intimité commençait à nous unir par les chevilles, sous le banc. C’était comme un long et très fin fil d’araignée. Alors plutôt que de le rompre, de me lever ou de briser ce ténu lien, je décidai de parler à la femme. Je lui déclarai mon activité : « J’invente. Ma dernière invention est une machine à trouver des choses. Elle est (...)

 
 

Manifestations (extrait)

Les premières actions, c’était les lycéens. Des blocages. Les lycéens sont toujours en pointe quand la rue se met à bouger. Ils ont le sens du physique, du qui frotte. C’est qu’ils ont besoin d’y mettre la peau, les mains et les épaules, dans la vie. Cette vie dans laquelle ils entrent leur semble souvent trop étroite. Ils débordent d’eux-mêmes ; et donc se répandent en blocages dès qu’ils peuvent. Pour les jeunes Français, c’est un atavisme. Comme une façon d’élargir la réalité. Ils n’ont peur de rien, eux qui ont toute une vie à perdre ; les vieux ont souvent peur de tout, eux qui n’ont plus grand-chose à perdre. Les vieux goutent le respectable, ils se veulent stratèges et évitent les mauvais coups ; les (...)

 
 

De su vida

Ella escucha música, trabaja mucho, me cuida, defiende ideas, pela papas, reparte ternura, cría un pulpo bebé. Su amor es la casa que habito. Cuando no está, toco las páginas de sus libros, E intento recordar el sonido que hacen sus dedos. A veces escribe, también. Tan bien que no lo puede hacer mucho. Cuesta, parir belleza. E intento recordar la textura de sus palabras. Cuando la miro, a veces, logro leer lo que piensa. La miro desde adentro, vivo en su amor. A veces, al revés, Como viendo a través, al revés, a veces. Son las páginas de su vida, Habitaciones que todavía no conozco, Que no existen en ningún mapa. Su amor es una casa muy grande para mí. A veces, al revés, desde (...)

 
 

Santiago Maldonado, desaparecido, comme un monde qui bascule

1er août 2017, très tôt le matin. Près de Cushamen, petite localité de la province de Chubut, Patagonie, Argentine. Des hommes et des femmes finissent leur nuit dans le campement d’une communauté en résistance. Ce sont des Mapuches. Autrefois, on les a aussi appelé Araucans. Depuis des siècles, ce peuple amérindien résiste. Contre l’extension de l’Empire inca vers le sud du continent, contre les Espagnols. Aujourd’hui c’est toujours pour leurs droits et pour leurs terres qu’ils luttent, au Chili et en Argentine. Au mépris des États s’ajoute les intérêts privés, grandes entreprises forestières, minières, propriétaires terriens ou multinationales d’élevage. L’une d’entre-elles, Benetton, plus grand (...)

 
 

Littérature banale

De Michel Houellebecq, j’ai lu deux ou trois bouquins. Et des poèmes. Et j’ai toujours trouvé ça ni vraiment mauvais, ni vraiment bon. Et ce constat m’a toujours plongé dans des abîmes de perplexité : comment se fait-il que tant de Français, y compris des sommités du monde des lettres, admirent sa littérature ? Alors que je la trouve quelconque. Je ne parle pas de ses provocations, de ses thèses. Je parle de son style. De sa façon d’écrire, de raconter des histoires et de faire vivre des personnages. De son style. Alors je me suis infligé quatre heures de podcast de France Culture. Quatre heures sur Houellebecq, par les spécialistes de son œuvre (universitaires, critiques, éditeurs, etc.). (...)

 
 

Amerigo

Comment l’Amérique a gagné son nom, par l’histoire d’hommes que le sort tire de l’oubli. Dans cette superbe petite biographie d’Amerigo Vespucci, Stefan Zweig établit déjà en préambule ce que réaffirmera Yuval Harari dans « Sapiens, Une brève histoire de l’humanité » : l’explication de l’expansion universelle de l’Europe à partir de la fin du XVe siècle (« plus de découvertes que pendant les mille ans qui ont précédé », dit Zweig, p. 23), a eu pour moteur le fait que les Européens ont été la seule grande civilisation (comparée aux Perses, aux Indiens, aux Chinois…) à assumer qu’ils ignoraient la plupart des choses du monde. Malgré les pouvoirs, les dogmes, malgré la théologie, malgré les mandarins. Assumer qu’on ne (...)

 
 

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