abordages

Santiago Maldonado, desaparecido, comme un monde qui bascule

1er août 2017, très tôt le matin. Près de Cushamen, petite localité de la province de Chubut, Patagonie, Argentine. Des hommes et des femmes finissent leur nuit dans le campement d’une communauté en résistance. Ce sont des Mapuches. Autrefois, on les a aussi appelé Araucans. Depuis des siècles, ce peuple amérindien résiste. Contre l’extension de l’Empire inca vers le sud du continent, contre les Espagnols. Aujourd’hui c’est toujours pour leurs droits et pour leurs terres qu’ils luttent, au Chili et en Argentine. Au mépris des États s’ajoute les intérêts privés, grandes entreprises forestières, minières, propriétaires terriens ou multinationales d’élevage. L’une d’entre-elles, Benetton, plus grand (...)

 
 

Littérature banale

De Michel Houellebecq, j’ai lu deux ou trois bouquins. Et des poèmes. Et j’ai toujours trouvé ça ni vraiment mauvais, ni vraiment bon. Et ce constat m’a toujours plongé dans des abîmes de perplexité : comment se fait-il que tant de Français, y compris des sommités du monde des lettres, admirent sa littérature ? Alors que je la trouve quelconque. Je ne parle pas de ses provocations, de ses thèses. Je parle de son style. De sa façon d’écrire, de raconter des histoires et de faire vivre des personnages. De son style. Alors je me suis infligé quatre heures de podcast de France Culture. Quatre heures sur Houellebecq, par les spécialistes de son œuvre (universitaires, critiques, éditeurs, etc.). (...)

 
 

Amerigo

Comment l’Amérique a gagné son nom, par l’histoire d’hommes que le sort tire de l’oubli. Dans cette superbe petite biographie d’Amerigo Vespucci, Stefan Zweig établit déjà en préambule ce que réaffirmera Yuval Harari dans « Sapiens, Une brève histoire de l’humanité » : l’explication de l’expansion universelle de l’Europe à partir de la fin du XVe siècle (« plus de découvertes que pendant les mille ans qui ont précédé », dit Zweig, p. 23), a eu pour moteur le fait que les Européens ont été la seule grande civilisation (comparée aux Perses, aux Indiens, aux Chinois…) à assumer qu’ils ignoraient la plupart des choses du monde. Malgré les pouvoirs, les dogmes, malgré la théologie, malgré les mandarins. Assumer qu’on ne (...)

 
 

Fougère givrée

Fougère givrée, mars 2017 - Vieilles plantes qui ne connaissent pas la reproduction sexuée mais pratiquent la dissémination de spores.

 
 

La Uruguaya

Este libro me generó un sentimiento parecido al que tengo hacia un buen amigo. Es un hombre fuerte que me lleva unos años, y que parece bien parado en la vida. Pero le falta crecer. Eso pensé durante muchas páginas de “La Uruguaya”. Lucas, el protagonista, es insoportable. Más de cuarenta, medio dandy, como flotando. Mairal lo caracteriza de manera muy divertida pero a mí no me bastaba. “Le falta algo” le contesté a mi esposa – ella me recomendó el libro – cuando me preguntó lo que me parecía. Era como leer un libro adolescente. Nada más normal que el protagonista vea a su hijo como un “enano borracho” : un adulto lo ve como un niño, él no podía. Yo había prometido que iba a terminar el libro… pero (...)

 
 

Hirondelles

Regardant voler des hirondelles, virer droite, claquer gauche, vives, joie, chasse, vite, tant que fuit le vent, piquer en bas, saute en haut, demi-tour, j’ai pensé que rien n’égale cette beauté. Puis je me suis souvenu de l’invisible : sauf peut-être le vol des chauves-souris, noires sur le ciel noir.

 
 

De l’espoir en sommeil

L’espoir est un sommeil, une torpeur qui nous éloigne de l’action – coups de poing, coups de cœur, inventions, poésie, construction de bâtiments, et cetera. – et donc nous éloigne de la vie*. L’espoir nait de la rudesse des choses, quand l’être humain peine à modifier l’inertie de son environnement et se résigne, attend ou s’en remet avec confiance à des causes extérieures, parfois déterministes, parfois aléatoires, pour lui dessiner un avenir favorable (en espagnol « esperar » – issu de la même racine latine – signifie aussi « attendre » : les mots cousins utilisés par d’autres peuples éclairent souvent l’inconscient d’une langue). Il espère. Comme un endormissement, c’est un lâcher-prise qui le livre à ses (...)

 
 

Vote antifasciste et abstention

(ou comment je vais mettre mon vote dans un état similaire à une superposition d’états quantiques) Le Pen et sa clique sont des néofascistes, des ennemis. Qui en doute ou le nie l’est aussi. Ils s’épanouissent dans la misère morale et matérielle, et lorsque le pouvoir en place reprend leurs sordides raisonnements. Mais pour les empêcher d’accéder au pouvoir, aujourd’hui, il faudrait voter pour un jeune bankster, médiocre mais chanceux porte-flingue des grandes puissances financières qui ont déployé toute leur puissance médiatique pour le hisser au second tour de l’élection présidentielle. Ce type et ses proches vont essayer, pendant cinq ans, d’ubériser les Français tout en travaillant à « libérer » la (...)

 
 

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