abordages

Suprême recours

En octobre 2010 paraissait le numéro 28 de la revue Les Temps maudits, revue « théorique » de la CNT. J’étais membre du comité de rédaction de cette revue. L’édito que j’avais en partie rédigé – et qu’il faut resituer dans le contexte d’une organisation syndicale – se concluait par quelques lignes qui me semblent résonner aujourd’hui, veille de la quatrième grande journée de mobilisation des "Gilets jaunes" : "Il serait sain de n’avoir pas à recourir à la violence, fut-elle matérielle et seulement menace. Mais la seconde moitié du XXe siècle, faite de réformisme et de concessions de ce que l’on appelait naguère le mouvement ouvrier, s’est accompagné d’une aggravation des inégalités. C’est donc bien que les (...)

 
 

Échantillon de vies

Posés sur l’étroite table couverte de cuir noir de ma chambre d’hôtel, quatre livres pris dans ma bibliothèque avant de partir. Ainsi étalés, ils ressemblent un peu à ma vie en littérature. Moby Dick, d’Herman Melville. L’éternelle lutte du bien contre le mal, jusqu’à se perdre, transcrite en métaphore par l’obsessionnelle traque de la baleine blanche du capitaine Achab. Je suis embarqué dans ce livre comme les marins du Pequod, depuis des années, en un périple parfois lent, parfois long, souvent recommencé, sans retour et sans fin. Je suis le capitaine Achab. Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig. La tourmente des passions – du jeu, mais surtout de l’amour – qui emporte les vernis (...)

 
 

Le coût de l’incommensurable

Heureux et fier de la publication de ma nouvelle "Le coût de l’incommensurable" - une histoire d’insoumission et de vérité scientifique parmi les pythagoriciens - par le magazine de maths Quadrature (avril-mai-juin 2018)

 
 

Arrache ton cœur

Le train fleurira Si les rails arrachent mon cœur Comme elle La fille aux cheveux bleus qui se tenait derrière le mur Arrache ton cœur, chaud et bruyant Tiens-le, et, si personne ne le prend Comme ce train, seul sur ses rails Pose-le sur l’acier froid Le train fleurira

 
 

Chaussées

Un jour il n’y aura plus de goudron Moteurs morts d’essence qui agonisent Sur les pellicules noirâtres des villes C’en sera le bout, de rapiécer les rues Peut-être les glaces auront-elles fondu Échaudées sur l’échelle de nos défaites Peut-être les ours blancs auront-ils disparu Écrasés par nos ventres gras Balafrer la terre sera devenu vain Pourtant Nous pourrions, avant Avant que le sol noir des cités ne fonde Avant, déchausser les pavés Gratter et surgir Vieilles bombes oubliées sur nos champs de bataille Ils empliraient nos mains comme un liquide dur Et malgré leurs angles et malgré leur inertie Et malgré tout Ils apprendraient à voler vers l’ordre et ses (...)

 
 

Changer le cours de l’histoire

Note sur l’article de David Graeber et David Wengrow « Comment changer le cours de l’histoire humaine », paru dans le magazine « Eurozine » le 2 mars 2018. https://www.eurozine.com/change-course-human-history L’histoire communément acceptée d’un épisode crucial de notre évolution est fausse. Celle qui raconte une transition relativement rapide des sociétés de chasseurs-cueilleurs assez égalitaires vers des sociétés sédentaires et maitrisant l’agriculture, au cours de laquelle seraient apparues, avec la civilisation et la propriété privée, les inégalités sociales d’ampleur qui aboutissent in fine à notre monde moderne. David Graeber et David Wengrow, respectivement anthropologue et archéologue, ont des (...)

 
 

Pensées critiques

Notes d’écoute de l’émission « Pensées critiques et quartiers » de « Quartiers Libres » du 15 décembre 2015 sur Fréquence Paris Plurielle (106.3 FM), avec comme invité Razmig Keucheyan. https://quartierslibres.bandcamp.com/track/pens-es-critiques-et-quartiers Les « pensées critiques » apparaissent dans les années 80 / 90, après la chute de l’Union soviétique. Les alternatives au capitalisme étaient censées être mortes et enterrées, le capitalisme étant devenu le seul système viable (cf. « la fin de l’histoire » de F. Fukuyama). Des critiques radicales se sont réarmées, ce sont les théories critiques contemporaines. Elles consistent en des critiques sociales, politiques, culturelles, économiques. Essentiellement, (...)

 
 

Le cavalier

Si ce n’était du cavalier Et de l’amour qui rouille, J’aurais aimé mentir. Le cheval glisse sur le temps qui s’étale Comme je chiale sur la peau des mots. Et mes larmes, alignées en rafales Empêchent tout retour. O si nous savions suivre ces veines, Jusque là-bas, avenir ou histoire, Nous trouverions le cavalier et ce qu’il cherche, Lui qui n’a jamais su. Comme nos pleurs rouges, Peines cramées et aveugles, Il avance sans tête sur une rosse crevée.

 
 

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