abordages

De l’espoir en l’inquiétude

Pendant des années, disons le premier tiers de ma vie, je n’ai été animé que par l’espoir que nous parviendrions à trouver un autre futur que celui qu’impose le capitalisme. Le spectre du totalitarisme soviétique n’était plus, une alternative allait surgir. Par mes modestes engagements, par l’émergence de nouvelles formes de luttes, par ma confiance en l’humanité, un autre futur pouvait surgir. L’espoir, ce détestable et adorable sentiment me baladait. Maintenant, je suis aussi inquiet. Tout un pays se lève contre une offensive du capitalisme – la « réforme » des retraites – mais nous n’avons pas encore trouvé la force qui nous fera vainqueurs. Je scrute et je lis, mais, malgré les années qui passent, je (...)

 
 

Pas de retraite

Reculer l’âge de la retraite à 64 ans ? Voilà ce qui arrivera : on verra toujours plus de vieux traîner la patte à des tâches ingrates, obligés de trimer pour survivre. On verra des gens lessivés partir avant, avec moins, parce qu’ils n’en pourront plus. Et le pouvoir continuera à pleurnicher ses larmes de saurien sur le chômage des jeunes et des « seniors ». La retraite par points ? Voilà ce qui arrivera : dans quelques années, une nouvelle loi – ou une ordonnance – baissera la valeur des points acquis, modifiant ainsi mécaniquement le montant des pensions. C’est ce qui est arrivé dans les pays ayant appliqué cette régression sociale. Le cœur de cette réforme voulue par Macron n’est pas de rendre le (...)

 
 

Essence

Parfois, ce qui fait de moi un homme je le vois étalé à mes pieds Comme des feuilles mortes Quand sont-elles tombées, quand fut mon automne Il m’a manqué un grand filet vert pour toutes les retenir Un tractopelle pour toutes les cueillir

 
 

Magellan

« Magellan », Stefan Zweig. « L’homme qui crée est soumis à une loi plus haute que la loi nationale » Qui a savouré Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Amok, La confusion des sentiments ou Le joueur d’échecs se délectera de cette biographie de Magellan. 1519. Le navigateur portugais, Amiral d’une flotte espagnole, part chercher un passage au sud de l’Amérique, que les Européens viennent d’atteindre. Un passage qui ouvrirait une nouvelle route vers les précieuses épices d’Orient. L’écriture de Zweig projette Magellan dans la grande littérature, et son souffle place son voyage au creux des siècles, en disant comment ce périple bouleversa les hommes du XVIe siècle : « Depuis qu’un navire a quitté le (...)

 
 

La Patagonie rebelle

« La Patagonie Rebelle », de Osvaldo Bayer. Ouvrage historique d’une grande rigueur, il décrit en détail et en citant tous les témoins oculaires des faits, comment est née et a été réprimée la seconde grève des peones, employés saisonniers des estancias d’élevage argentins en 1921-1922. Ces hommes, des chiliens pour la plupart, se sont soulevés contre leur conditions de travail qui les confinaient au statut de quasi-esclaves. Ils se sont aussi soulevés pour des idéaux de transformation sociale, de solidarité et des utopies dont je pense qu’ils nous font cruellement défaut de nos jours. Lors de leur seconde grève l’armée intervint et fusilla des centaines d’hommes. Le procédé était presque partout et (...)

 
 

Suprême recours

En octobre 2010 paraissait le numéro 28 de la revue Les Temps maudits, revue « théorique » de la CNT. J’étais membre du comité de rédaction de cette revue. L’édito que j’avais en partie rédigé – et qu’il faut resituer dans le contexte d’une organisation syndicale – se concluait par quelques lignes qui me semblent résonner aujourd’hui, veille de la quatrième grande journée de mobilisation des "Gilets jaunes" : "Il serait sain de n’avoir pas à recourir à la violence, fut-elle matérielle et seulement menace. Mais la seconde moitié du XXe siècle, faite de réformisme et de concessions de ce que l’on appelait naguère le mouvement ouvrier, s’est accompagné d’une aggravation des inégalités. C’est donc bien que les (...)

 
 

Échantillon de vies

Posés sur l’étroite table couverte de cuir noir de ma chambre d’hôtel, quatre livres pris dans ma bibliothèque avant de partir. Ainsi étalés, ils ressemblent un peu à ma vie en littérature. Moby Dick, d’Herman Melville. L’éternelle lutte du bien contre le mal, jusqu’à se perdre, transcrite en métaphore par l’obsessionnelle traque de la baleine blanche du capitaine Achab. Je suis embarqué dans ce livre comme les marins du Pequod, depuis des années, en un périple parfois lent, parfois long, souvent recommencé, sans retour et sans fin. Je suis le capitaine Achab. Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig. La tourmente des passions – du jeu, mais surtout de l’amour – qui emporte les vernis (...)

 
 

Le coût de l’incommensurable

Heureux et fier de la publication de ma nouvelle "Le coût de l’incommensurable" - une histoire d’insoumission et de vérité scientifique parmi les pythagoriciens - par le magazine de maths Quadrature (avril-mai-juin 2018)

 
 

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