abordages

Changer le cours de l’histoire

Note sur l’article de David Graeber et David Wengrow « Comment changer le cours de l’histoire humaine », paru dans le magazine « Eurozine » le 2 mars 2018. https://www.eurozine.com/change-course-human-history L’histoire communément acceptée d’un épisode crucial de notre évolution est fausse. Celle qui raconte une transition relativement rapide des sociétés de chasseurs-cueilleurs assez égalitaires vers des sociétés sédentaires et maitrisant l’agriculture, au cours de laquelle seraient apparues, avec la civilisation et la propriété privée, les inégalités sociales d’ampleur qui aboutissent in fine à notre monde moderne. David Graeber et David Wengrow, respectivement anthropologue et archéologue, ont des (...)

 
 

Pensées critiques

Notes d’écoute de l’émission « Pensées critiques et quartiers » de « Quartiers Libres » du 15 décembre 2015 sur Fréquence Paris Plurielle (106.3 FM), avec comme invité Razmig Keucheyan. https://quartierslibres.bandcamp.com/track/pens-es-critiques-et-quartiers Les « pensées critiques » apparaissent dans les années 80 / 90, après la chute de l’Union soviétique. Les alternatives au capitalisme étaient censées être mortes et enterrées, le capitalisme étant devenu le seul système viable (cf. « la fin de l’histoire » de F. Fukuyama). Des critiques radicales se sont réarmées, ce sont les théories critiques contemporaines. Elles consistent en des critiques sociales, politiques, culturelles, économiques. Essentiellement, (...)

 
 

Le cavalier

Si ce n’était du cavalier Et de l’amour qui rouille, J’aurais aimé mentir. Le cheval glisse sur le temps qui s’étale Comme je chiale sur la peau des mots. Et mes larmes, alignées en rafales Empêchent tout retour. O si nous savions suivre ces veines, Jusque là-bas, avenir ou histoire, Nous trouverions le cavalier et ce qu’il cherche, Lui qui n’a jamais su. Comme nos pleurs rouges, Peines cramées et aveugles, Il avance sans tête sur une rosse crevée.

 
 

Chaud de tendresse

Rentrer chez toi fin cuit, Si tard que la nuit elle-même s’est endormie. Tituber dans l’escalier, grincer les portes, Heureux d’avoir revu un ami et fêté, Fêté à en perdre la voix et la raison. Rentrer chez toi et trouver un plat – sur la table. Il y a du vert, de l’orange et des condiments. Il est si beau qu’il pourrait être encore chaud. Mais toi, pauvre diable, T’as englouti une terrible pizza-donner, Dans un kebab tenu par des Chinois. Tu as bu et mangé pour plusieurs semaines, Comme si l’ami avait déclenché le gout des réserves. Mais le plat, là, un peu flou, Encore chaud de tendresse, Ce plat hurle malgré lui Que tu vis avec une femme (...)

 
 

Les murs de la critique

Samedi dernier a eu lieu une rencontre dont le thème était : « Quels sont les murs auxquels se heurte la critique intellectuelle ou militante et qui minent les possibilités de naissance d’un salutaire mouvement de masse ? » Les organisateurs proposaient en particulier de s’appuyer sur un livre de Jean-Marc Royer, « Le monde comme projet Manhattan » (http://www.autrefutur.net/A-propos-de-l-ouvrage-Le-monde-comme-projet-Manhattan). Comme je n’étais pas certain de pouvoir participer, j’avais noté quelques idées que cette thématique m’inspirait. Comme j’ai finalement pu y aller, voici ces notes, peu travaillées, et augmentées de quelques autres prises pendant la réunion. Préambule La question évoque (...)

 
 

Dépression

Et si pour soigner les dépressions il fallait se mettre en surpression ? Et donc se tenir debout face au vent quand souffle la tempête. Et les cap-hornières et les cap-horniers pourront cracher au vent.

 
 

Machine et cintres

Il y a quelques jours je me suis assis sur un banc public. Je n’avais rien à y faire de particulier, je m’y suis posé parce qu’il était là, parce que c’était moi. Ce même jour et quelques minutes après cet assayage, une femme s’est installée à mes côtés. Nous ne nous prêtions aucune attention, et nous sommes demeurés là longtemps en croyant nous ignorer. Mais j’ai remarqué qu’une certaine intimité commençait à nous unir par les chevilles, sous le banc. C’était comme un long et très fin fil d’araignée. Alors plutôt que de le rompre, de me lever ou de briser ce ténu lien, je décidai de parler à la femme. Je lui déclarai mon activité : « J’invente. Ma dernière invention est une machine à trouver des choses. Elle est (...)

 
 

Manifestations (extrait)

Les premières actions, c’était les lycéens. Des blocages. Les lycéens sont toujours en pointe quand la rue se met à bouger. Ils ont le sens du physique, du qui frotte. C’est qu’ils ont besoin d’y mettre la peau, les mains et les épaules, dans la vie. Cette vie dans laquelle ils entrent leur semble souvent trop étroite. Ils débordent d’eux-mêmes ; et donc se répandent en blocages dès qu’ils peuvent. Pour les jeunes Français, c’est un atavisme. Comme une façon d’élargir la réalité. Ils n’ont peur de rien, eux qui ont toute une vie à perdre ; les vieux ont souvent peur de tout, eux qui n’ont plus grand-chose à perdre. Les vieux goutent le respectable, ils se veulent stratèges et évitent les mauvais coups ; les (...)

 
 

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