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La fin d’un voleur de sueur

Les grands hommes ne ressemblent à rien
Il est arrivé par la mer un soir d’hiver
Vif et trapu, il portait une veste en lin
Son regard froissé me jaugea, dur et amer

Je ne pouvais lever les yeux de sa main droite
Il tenait un sabre, longue épine sans rose
Je pensai : il faut payer. Ma langue était moite
Il avait un visage de commerçant morose

Moi, j’en avais le métier, marchand de labeur
Cet homme devait avoir été ma ressource
Ma richesse, je l’avais volée à sa sueur

J’entendis ses doigts blanchir en serrant le sabre
Il dit : tant qu’il y aura des couilles en or
Y’aura des lames en acier. J’étais mort.


 
Leo S. Ross
29 août 2012

 
 
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